10 fausses idées sur Prestashop

A force d’utiliser Prestashop et aussi pour avoir de multiples échanges avec différentes personnes, je peux déjà lever le voile sur certaines affirmations qui ne sont pas toujours juste envers cette solution e-commerce.


1. Prestashop dédié aux petits e-commerce
Une affirmation qui revient souvent c’est que Prestashop est fait pour répondre aux besoins des petits e-commerçants… Tout est une question de point de vue, vous pouvez avoir des gros marchands qui ont un petit catalogue produits et des petits marchands qui ont des dizaines de milliers de références. Il faut noter que vous avez des entreprises sous Prestashop qui génèrent plusieurs millions de chiffre d’affaire par an… (ça laisse quand même de la marge pour les « petits e-commerce »).

2. Une solution mal codée
Prestashop a fait le choix de ne pas exploiter un framework, il est donc vrai que le système ne suit pas des conventions de codage « strictes ». Par contre, un cadre de travail est imposé et la solution respecte bien une architecture MVC. Il est vrai que certaines sections sont perfectibles, mais le système fait preuve d’une grande stabilité (aussi à mon grand étonnement), on pourrait croire que la stabilité laisse à désirer (vu le volume de code), mais le comportement de l’application en général se porte plutôt bien.

3. Tout est payant…
Il est vrai que les ressources, modules, thèmes sous Prestashop… sont bien souvent payants. Par contre, la solution en elle-même est bien gratuite et peut tout à fait être exploitée rien qu’avec sa version gratuite et ses modules de base. Tout dépend des exigences attendues, mais pour un marchand classique monter sa boutique pour 0 CHF / 0 EUR, n’est pas un leurre c’est tout à fait possible encore aujourd’hui (il faut y mettre du sien).

4. Prestashop c’est pas cher
Cela va dépendre des ressources dont vous avez besoin… si vous devez passer par un prestataire ou  une agence, il est clair que le prix sera loin d’être donné. Même si la solution est gratuite initialement, le choix de l’open-source implique malgré tout un coût de mise en service relativement important (sans pour autant avoir un résultat prestigieux au bout). Bien souvent le client doit faire appel à un tiers et le coût final s’en ressent largement.

5. Prestashop c’est moins bien que Magento
Il faut bien regarder qui vous dit ça… une agence Magento ? Au niveau des fonctionnalités, les 2 solutions se valent… au niveau de la montée en charge, volumes de produits et possibilités offertes… on reste relativement proche pour les 2 solutions. Tout est une question de choix et de politique d’entreprise… ce n’est pas parce que Nestlé choisi Magento que dans votre cas il faut aussi choisir cette solution.

6. Prestashop moins cher que Magento
Pas forcément… tout est question de personnalisation… vous pouvez déployer un Magento basique, tout comme vous pouvez mettre en place un Prestashop sur mesure avec des développements spéciaux… intégration graphique sur mesure etc… Une boutique Prestashop pourrait tout à fait coûter 10 x le prix d’une boutique Magento… et vice-versa bien entendu… Le prix n’est pas lié seulement à la plateforme, mais au temps de travail consacré à la personnalisation du shop.

7. Prestashop est une usine à Gaz
Très souvent j’entends ça pour dire que finalement… y’a trop de superflu… Prestashop n’est pas une usine à gaz, pour autant qu’on ait grandi avec la solution… Au début, il est vrai qu’il offrait moins de possibilités, aujourd’hui le système est plus touffu, mais il suffit de se concentrer sur les fonctions essentielles. Je peux comprendre ce point de vue pour les nouveaux prestataires qui s’y mettent maintenant… et qui n’ont pas fait forcément du e-commerce par le passé… (tout est question d’habitude).

8. Un serveur mutualisé suffit
Il est vrai que la solution est légère et que bien souvent on peut mettre des petits clients sur du mutualisé… Mais de plus en plus pour le confort du client un VPS ou un dédié est vivement recommandé, surtout quand le catalogue produit est conséquent entre 5 et 10’0000 produits… Pourquoi ? Tous les traitements de masses… par lot etc… demandent un temps d’exécution important et aussi une mémoire plus importante… sur du mutualisé vous serez assez vite restreint par les ressources.

9. Prestashop est lent
Tout dépend de l’hébergeur chez lequel vous déployez Prestashop… la règle numéro 1 est de ne pas choisir le moins cher. La solution Prestashop est rapide pour autant qu’elle soit correctement configurée et que la gestion du cache soit opérationnelle (vérifiez aussi vos logs pour être sûr). Pour les plus exigeants, sachez qu’il existe aussi des modules pour améliorer la gestion du cache par défaut (si celle-ci n’est pas suffisante).

10. Prestashop n’est pas sécurisé
Certains clients m’ont rapporté que la solution n’était pas suffisamment sécurisées…. mention apportée aussi par d’autres experts du web. Ce qu’il faut souligner, c’est que bien souvent les Prestashop hackés ou piratés… sont à l’origine d’erreur humaine ou de négligence du comportement. Prestashop applique des règles strictes au niveau de la sécurité et je peux d’ailleurs vous le confirmer (en ce qui concerne la validation des modules via leur plateforme Prestashop Addons).

Bilan
Bon… forcément lundi de Pâque… en plus un jour de congé… il fallait bien que je me motive à vous raconter quelque chose. Je pense que le mieux pour un marchand c’est de pouvoir expérimenter lui-même un peu la solution pour se faire sa propre idée, car trop souvent les conseils externes sont toujours effectués avec une arrière pensée commerciale qui ne tend pas forcément dans l’intérêt du marchand.

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14 commentaires sur “10 fausses idées sur Prestashop”

    1. Hello,

      Ah mais c’est clair… à mon sens pouvoir placer un Magento reste souvent un argument aussi pour justifier un prix plus élevé par l’agence (coût technique & ressources).

      Il faut dire aussi qu’il y’a beaucoup de « petites » entreprises sur le web et beaucoup moins de « gros acteurs », Magento n’est pas vraiment pensé pour des petits projets… tandis que Prestashop peut couvrir plus facilement les deux cas.

      Bonne journée !

    1. Hello,

      Dans mon cas il est vrai que je ne suis pas un expert… Magento, porter un jugement serait donc « un peu » déplacé…

      Mais j’ai la chance de pouvoir échanger avec des développeurs sous Magento, qui font des shops pour des clients et avec qui on peut discuter en toute liberté… sans jouer à qui est le « best » !

      Pour Magento, il faut très vite sortir le gros arsenal même pour des petits projets (développement & aussi serveur + trouver une team qualifiée)… pour un même budget sous Prestashop ça reste moins cher, certainement aussi lié au niveau technique peut-être moins élevé.

      Tout dépend bien évidemment des budgets… on trouve aussi beaucoup de freelance Prestashop qui travaillent pour « pas cher »… du coup le client est très sensible à l’argument « prix ».

      Bien sûr pour des projets à 100’000 CHF / 80’000 EUR… on se posera pas vraiment la question… mais avec 3’000 CHF / 2’400 EUR… on fait quoi sous Magento… pas grand chose (sous Prestashop déjà un peu plus).

      Pour moi petit projet = petit budget 😉

      Merci pour ta visite et ta remarque !

  1. Salut,

    Pour en être un, un « expert » Magento depuis maintenant 6 ans, je peux te confirmer que Magento n’est pas adapté à tous les projets et engendrera sans nul doute des frais plus important en terme d’hébergement et de développement.

    La complexité « architecturale » de Magento demande, lorsqu’on veut travailler « proprement », un travail de développement sans doute plus important que sous Prestashop (surcharger une classe / fonction donnée peut parfois se révéler un vrai casse-tête…).
    Cela reste bien sûr à contrebalancer avec la richesse fonctionnelle intrinsèque de Magento (Community / Enterprise) complétée par les fonctionnalités « offertes » par les milliers de modules disponibles sur Magento Connect.

    En terme de positionnement, et de mon point de vue, Prestashop n’a pas aujourd’hui « l’aura » de Magento qui lui permet d’être la solution la plus souvent préconisée, et la plus préconisable, à des grands comptes. En dehors de la couverture fonctionnelle et des frais de licence, un élément clé dans le choix d’une solution reste sa pérennité. Savoir qu’aujourd’hui Magento compte près de 400 employés et est propriété d’eBay permet à ce type de client de se « rassurer ».

    Pour avoir travailler sur des shops de toute taille, allant de petits à de très gros, Magento n’est aujourd’hui pas recommandable pour des shops au budget limité. A l’inverse, il est, toujours de mon point de vue, difficile de vendre un Prestashop à un grand compte.

    Gardant toujours un oeil sur les solutions actuelles, je pense, qu’à l’heure d’aujourd’hui, Prestashop (tout comme CS-Cart ou Open Cart) sont de très bon produits mais, selon moi, non utilisables pour des projets internationaux ou à fort / très fort trafic (là ou Magento, IBM WebSphere ou Hybris sont plus adaptés, notamment grâce à leur gestion native et intégrale du multi-boutique et leur possibilité de « clusterisation » – database slave/master/replicated, memcached sessions/cache/full page cache, redis etc.).

    Enfin, comme tu la dis, l’essentiel des boutiques e-commerce présentes aujourd’hui sur le Web étant de petite / moyenne taille, Prestashop à un bel avenir devant lui ce qui n’est pas démérité 😉

    Anthony

    1. Hello,

      Je partage ton avis sur le retour que tu nous fais.

      Effectuer un travail proprement et dans les règles de l’art pour que celui-ci soit durable dans le temps… engendre un coût important. Idéalement il faut aussi utiliser des outils adapté pour le suivi, pour le versionning etc… il ne faut pas rêver cela implique un réel coût… Moi-même je constate quand je mets déjà en place un cadre de travail, je me dis juste qu’avec les budgets « actuels » des clients, c’est vraiment très juste… alors j’ose même pas imaginer sur des architectures encore plus complexe.

      Pour Magento Connect, il est vrai que celui-ci offre plus de ressources gratuites que sur Prestashop Addons, qui tend vraiment vers le « pur » commercial… On trouve beaucoup d’américains qui ont développés des modules gratuits… je sais pas comment ils font pour donner le tour… mais respect en tout cas.

      En ce qui concerne la rassurance, bien sûr que Magento est plus « posé » sur le marché pour sa notoriété et son image de marque, Prestashop peine à rentrer dans ce milieu de grands comptes (mais il y arrive tout doucement par ex. via Jules.fr ou le groupe Peugeot)… il faut dire aussi que les appuis ne sont pas les mêmes (forcément Prestashop n’est pas coaché par Ebay… mais simplement partenaire).

      En e-commerce c’est toujours le même problème, ça dépend avec qui on travaille et aussi la taille de son entreprise (si on est prestataire)… Les petits clients manquent cruellement de réalisme, pour réaliser aujourd’hui un shop qui en jette… il faut un sacré budget… et le déploiement de celui-ci ne sera pas l’affaire d’une simple semaine de travail.

      Après il faut dire aussi que personnellement je mise sur des technologies et des systèmes qui sont à ma portée et que j’aie une chance de pouvoir proposer ça à un client… Une fois qu’on a choisi un cheval il est assez difficile de changer de monture en cours de route… 😉 !

      Pour moi Prestashop & Magento restent sur des mentalités différentes, mais à l’époque Prestashop m’avait vraiment convaincu pour sa prise en main simple et efficace… ce qui correspondait bien à la taille de mon entreprise et aux attentes de mes clients.

      Merci en tout cas pour ton retour très constructif !

  2. Salut,

    Effectivement, sur des projets de moyenne / importante taille, on parle souvent, d’un point de vue agence, de la mise en place de différents environnements (développement, test, staging, production), de l’utilisation d’outil de versioning tels que SVN ou GIT, de la création de tests unitaires et de procédure de déploiement, de la validation de code source (qualité / syntaxe), de tests de charge etc.
    Tout cela sans compter qu’un projet engendre souvent la présence de nombreux acteurs (account manager, chef de projet, directeur artistique, designers, ergonomistes, testeurs, développeurs, monteurs HTML, concepteurs / rédacteurs etc.).

    Le rôle d’une petite agence (ou d’indépendants), est, selon moi, de réduire le nombre d’acteurs présents et le taux journaliser (TJM) des ressources, ainsi que d’optimiser les procédures, cela afin de diminuer drastiquement les coûts.
    Dans ce type position, je pense qu’il doit effectivement être « compliqué » de sensibiliser les nouveaux clients aux possibilités offertes par rapport à leur budget.
    Difficile effectivement de créer le « meilleur » shop du monde avec un budget limité, sachant que tout travail demande du temps, et que ce temps est facturé à un TJM bien supérieur (et oui malheureusement) à 5 CHF (4 EUR) par jour 🙂

    Dans ton premier commentaire, tu parlais de budget.
    En partant du principe que le TJM d’un agence en Suisse est d’environ 1’200 CHF (1’000 EUR), des projets « types » de taille moyenne peuvent « facilement » être facturés entre 150k CHF (125k EUR) et 250k CHF (210k EUR), les plus gros dépassant aisément les 400k CHF (333k EUR).

    En divisant, par exemple, 250k CHF (210k EUR) par 1’200 CHF (1’000 EUR) par jour, on se retrouve avec environ 210 jours.
    En répartissant cette charge entre un travail graphique complet (recherche, création, réalisation d’une nouvelle entité), le développement de l’ensemble de la solution (création de X modules sur mesure, paramétrage multi-pays / multi-langue / multi-devise, configuration des différents modes de paiement/livraison etc.), la gestion de projet etc., cette charge peut facilement être atteinte.
    De plus, l’évolution du Web amenant également ses « contraintes » / nouveautés (ex. volonté de tout rendre « responsive » / compatible mobile etc.), l’inclusion de ses besoins peut vite faire gonfler les budgets (=> rendre responsive un site demande plus qu’un claquement de doigt).

    Tout ceci est bien sûr à nuancer en fonction du client, de sa taille, de son budget et de ses besoins.

    Je te rejoins sur le fait que lorsqu’on a l’habitude de travailler avec une solution, il devient difficile de s’en séparer car cela engendrerait une « perte » inévitable de performance / connaissance.
    Cela est vrai autant pour un indépendant que pour une agence.

    Sur la base de cela, et pour conclure (:)), Prestashop reste, selon ce que j’ai pu en voir, un très bon produit que je suis attentivement, mais qui n’est pas encore prêt à se hisser au niveau de Magento (principalement à cause de son image / réputation actuelle de grand frère d’OsCommerce adapté exclusivement aux petits marchands).

    Anthony

    1. Hello,

      Pour moi aussi dans l’idéal j’aimerai bien mettre en oeuvre tous ces processus… mais pour ces petites entreprises c’est « inutile » le projet n’est souvent pas assez important pour la mise en oeuvre. Par contre, bien sûr qu’il me plairait de pouvoir mettre en place tous ces protocoles pour proposer quelque chose de vraiment solide… mais là aussi gros projet = team = ressources et de personnel, un choix pour le moment qui n’entre pas dans mon objectif 😉 !

      En ce qui concerne le tarif des petites agences ou des indépendants… on trouve toujours moins cher que soi… mais pas toujours avec le même niveau de compétences ou de connaissances… Et avec la sous-traitance, le marché des prix est aussi au plancher… il y’a énormément de clients de clients déçu… payer pas cher pour un résultat médiocre autant économiser son argent (mais la tentation est grande et beaucoup succombent une 1ère fois).

      Clairement pour le client… tout est une « formalité »… du responsive ça ne s’improvise pas… ça demande du travail, du test… de la révision de chaque page etc… Bien sûr il existe des thèmes responsive, mais tout dépend jusqu’à quel degré de personnalisation il faut arriver… C’est comme pour l’internationalisation, pour certains clients c’est une formalité… il suffit d’activer une langue… mais pour faire bien les choses c’est beaucoup plus que ça… et cela a un coût (+ adaptations modules / plugins multilingue).

      On ne peut pas tout faire… j’arrive déjà tout juste à suivre la cadence de Prestashop et à faire une rotation sur les clients, suivi des modules etc… Je donne surtout des avis dans une dimension humaine… parce que je travaille avec des petites boites, des indépendants… des PME… avec plus de tout… on peut voir bien sûr beaucoup plus gros et aller à la chasse au gros poisson 😀 !

      Actuellement pour pouvoir être prestataire indépendant sur ce marché, il faut être assez compétitif… pas trop fine bouche non plus… et faire un effort pour que les clients puissent se payer aussi certaines prestations. Je comprends ton opinion sur Prestashop et je la partage aussi en partie pour sa réputation… ils ont trop fait de bavures à certains moments… et à mon sens cela se confirme encore avec la sortie précipitée de Prestashop 1.6.

      Dans tous les cas… comme je dis souvent (peut-importe la plateforme)… que ça soit pour Magento ou Prestashop, pour faire les choses bien il faut un solide budget (chose qui se fait de plus en plus rare, surtout chez les petits).

      Merci pour toutes ces précisions et à la prochaine !

  3. Bonsoir

    Je viens poursuivre ce débat pacifiste, ce qui est assez rare pour être salué. Je pense que ton article induit indirectement une comparaison à Magento mais manifestement tu n’as pas testé Magento.

    La meilleure solution reste celle qu’on maîtrise le mieux. Il y a de formidables boutiques (ergonomie et réussite) sous Prestashop, et puis même Prestashop est un très bon outil, qui fonctionne, qui fait vivre des gens, y a des colis qui partent tous les jours ! (Dans ton article il serait opportun de citer les boutiques Prestashop qui font des millions de CA. Y en a certes, mais elles se comptent rapidement, et que reste-t-il du code original dedans ?) Là n’est pas la question. Nous parlons ici entre développeurs, entre personnes du métier, qui faisons à un moment le choix d’un outil (ou plusieurs) avec des critères personnels.

    Nous avons testé Prestashop avec 2 projets dans l’idée d’avoir une offre complémentaire à Magento et avons ensuite renoncé. Bien sur il n’est pas évident pour toi de remettre en cause la qualité d’une solution dans laquelle on a tant investi. C’est pour ça qu’on a rarement des débats constructifs dans ce genre d’opposition, mais il ne faut pas être aveugle pour autant : Sur la qualité du code, quand on a une méthode qui fait 800 lignes, ou pire une classe PHP avec du HTML dedans, je suis désolé mais ça fait froid dans le dos.

    Avec une structure de code propre (MVC n’est pas/plus un critère suffisant), la maintenabilité est facilitée : montées en version, correction d’extensions, clarté de la logique….c’est de la qualité de travail pour le développeur qui peut mieux se concentrer et ne pas farfouiller. Ce n’est pas un luxe de bosser proprement, c’est surtout un choix. La questions de la pérennité est aussi importante, pour soi ET pour les clients !

    Pourquoi tant d’extensions gratuites sur Magento ? Contrairement aux idées reçues, l’Open-Source est un Business Model qui fonctionne très bien. Quand on est le créateur d’un produit gratuit, on devient de fait la meilleure personne pour l’installer, le mettre à jour ou….y rajouter des fonctionnalités moyennant finances qui seront ensuite offertes à la communauté. Le client demandeur finance donc les évolutions.
    Or Prestashop gagne son argent en prenant sa dîme sur les extensions payantes, reléguant aux fins fonds de la recherche les extensions gratuites. Du coup, le bouton Facebook 49 €, tadaaa ! La communauté est poussée à jouer le jeu, et dès qu’il est question d’argent, tout est permis pour s’en mettre plein les fouilles, si possible avec un code pourri et un coup d’Ioncube. Y a clairement un choix moral du coup sur l’écosystème qui se pose là.

    Effectivement, pour 2000 € on ne fait pas grand chose, mais même avec Prestashop du reste. Quand on voit le prix d’entrée pour une vraie boutique physique bien placée, l’aménagement, le personnel, le stock, il ne faut pas s’attendre à gagner sa vie en investissant 2000 € en ligne. Certes, certains l’ont fait. Mais quelle mauvaise image cela donne à ceux qui veulent se lancer. De fait, je pense qu’on ne peut prendre au sérieux que les gens qui ont un budget permettant de faire un vrai lancement, à mon sens à partir de 10K € et avec au moins la même chose pour le marketing. A ce prix, il est permis de se poser la question entre Prestashop et Magento. Le problème c’est qu’un petit client ne peut jamais financer les évolutions nécessaires à sa boutique pour progresser, et c’est donc toujours pénible que de devoir travailler dans ce contexte, ou pire de ne pas pouvoir. 66% des boutiques en ligne ne sont pas rentables en France. Avec lesquelles souhaitez-vous travailler ?

    Travailler proprement induit des « processus » que tu juges inutiles dans la gamme de prix de tes clients. C’est mal choisi, j’aurai dit « inabordables » plutôt. Mais ces outils garantissent la durée du projet. Aujourd’hui on a récupéré un projet Magento pas joli joli (oui ça existe aussi, donc tu vois la solution ne fait pas tout). Heureusement, il y avait un SVN et on peut facilement retrouver tous les endroits où des « experts Magento » on modifié directement le cœur…Mais heureusement !!! Oui mais heureusement pour qui ? Pour le client qui va pouvoir financer la réparation des dégâts à moindre coût (pas en aveugle) et/ou pour le prestataire qui a un mode d’emploi pour réparer et donc ne pas en être pour sa pomme parce qu’en aveugle il n’aurait pas vu tous les problèmes et aurait du y passer 3X plus d’heures, ayant vendu un résultat : ça marche (on parlera d’agilité une autre fois). La qualité est utile au prestataire mais profite au client.

    Tu donnes une fausse idée « d’arsenal Magento ». C’est faux, un freelance Magento peut faire tout aussi bien qu’un freelance Prestashop, et surement sur une durée égale à projet égal. Tout dépend du degré de précision qu’on y met. Magento induit des projets plus lourds et complexes donc avec plus de travail et effectivement avec plus d’outils qualité mais à ce moment là le client achète aussi des compétences, un savoir faire, une pérennité. Sinon on peut aussi bidouiller pour pas cher, même avec Magento, et déployer direct en prod en FTP. Combien de fois j’ouvre des cahiers des charges qui commencent pas « on veut une solution où le cœur peut être surchargé pour pouvoir monter en version » (je traduis le langage client bien sur). Ah mon oreillette me dit que c’est maintenant possible sous Prestashop. Mais alors pourquoi c’est pas fait par les développeurs ??? Ça coûte pas plus cher de surcharger sa classe dans un fichier bien propre plutôt que dans le cœur quoi ! Question de mentalité, et je suis à ouvrir les paris sur la solution où les bonnes pratiques sont le plus appliquées…

    Au final, à toi cher Germain et à vous autres lecteurs, la question c’est « Comment voulez-vous travailler et avec qui ? ».
    – Vous êtes bien à trifouiller dans le code avec des clients sans trop de sous ? Magento semble trop complexe ? Très bien, y a pas de honte. Tout le monde doit travailler. Vous faites pas trop avoir quand même, si on vous paie mal pour faire vite, appliquez bien votre période de garantie (3 mois la norme hein). Le client peut pas tout avoir.
    – Vous aimeriez avoir des budgets plus amples pour prendre plus de temps et travailler plus proprement, pouvoir enfin appliquer les évolutions qui vont augmenter les ventes ? Faut monter vos prix, donc là faut se faire connaître et être très bon. Plus vous avez de l’expérience mieux vous conseillerez vos clients et leur apporterez de la valeur. C’est toujours possible avec Prestashop, pas de problème, mais chez Magento y a plus de moyens.
    – Vous en avez marre de trifouiller, souhaitez mettre en place du code plus propre et maintenable avec des clients qui demandent ce niveau de qualité ? Là par contre Prestashop n’est pas la solution qui attire ce genre de clients. Et les grosses boutiques Prestashop qui font des millions, ça m’étonnerait que leur cahier des charges stipulait Prestashop ! C’est l’agence qui l’a imposé, et on ne saura jamais si c’était le meilleur choix…(Si en fait on le saura quand la boutique migrera ^^).

    Alors on parle toujours de quelle solution a la plus grosse, ou de comment développer mieux en vivant bien ?

    Salutation à la Suisse dont je suis originaire (Château d’Oex).

    1. Salut,

      Pour commencer, je te remercie pour le temps consacré à ta réponse. Magento je l’avais survolé à l’époque… ça fait loin, j’étais moyennement fan de l’inclusion de Zend FK, je préférais une solution plus ouverte… un avec une logique FK différente comme CakePHP ;).

      Disons qu’à partir du moment où on fait des millions de CA, on peut avoir les moyens de se payer une solution encore plus performante que Prestashop. Ce qu’il est important de retenir c’est qu’il est tout à fait possible de mettre en place un business solide sous Prestashop et que celui-ci n’est pas un simple gadget… (bon plus besoin de le préciser j’imagine…hehe). Ce qui est surtout important de comprendre c’est que dans bien des cas de clients, un Prestashop est largement suffisant.

      Tout à fait comme tu le dis… c’est difficilement possible de remettre en cause la solution qui est le pilier de son business… Par contre, en ce qui concerne la qualité du code de Prestashop celui-ci reste relativement « brouillon » ce qui est vrai… j’ai déjà critiqué cela de multiples fois… La structure et la qualité du code sous Magento est bien plus clean… largement, mais il faut reconnaître aussi que Prestashop lui s’améliore au fil du temps (à son niveau).

      Concernant la maintenance et l’évolution du code… sous Prestashop celui-ci va trop vite, les changements sont trop importants et les mises à jour s’enchaînent… d’ailleurs je peine à suivre le rythme et la mise à jour pour mes modules… difficile de tenir sur le long terme. Mais comme initialement, une fois qu’on est vraiment engagé… c’est difficile de recommencer en bas de l’échelle technique… (on a tous ses habitudes).

      Sous Prestashop j’ai déjà expérimenté le modèle du gratuit… c’est à exclure… on reste ensuite bien souvent sollicité pour faire « que » du gratuit (par la communauté), mais c’est vrai que ça fait toujours de la bonne pub. Il est vrai aussi que certains Addons sont hors de prix pour la plus value qu’ils amènent… mais bon vendre 30 EUR / 40 CHF un module avec 30% de commission perdue + un SAV, même si c’est pas « the module »… bon faut bien rentabiliser la moindre aussi. Par contre pour l’encodage avec Ioncub… je ne suis pas vraiment fan, je connais des éditeurs qui font ça pour garder main mise sur le code… je désapprouve complètement.

      Tout à fait… le e-commerce c’est du commerce, est-ce qu’on peut faire un commerce avec 2000 EUR / 3000 CHF ? La réponse est non… peut-on en vivre ? Bah… ça serait trop facile… Et oui il faut le même budget que pour ouvrir un commerce réel… le problème c’est qu’il y a beaucoup de petits clients qui n’ont pas les moyens… et que les cllient plus gros se tournent principalement vers des Agences avec Team… du coup… il faut faire avec, tout en sachant que ce n’est pas vraiment le genre de business pleinement viable (pour le client). Entre ce que je désire faire et la réalité, l’accessibilité du marché… y’a un fossé… du coup je m’adapte.

      Actuellement tous mes clients… même les « discount » sont versionnés sous GIT, un peu à la barbare, mais j’ai le détail complet de mes changements… je fais ça au plus vite (normal vu le prix) et une trace est conservée avec toujours la possibilité de faire un rolleback. Il est vrai que produire de la qualité est primordiale… mais quand je discute avec mes clients, ce qui compte pour eux c’est le prix… si je peux aider le client en enlevant le superflu… ok j’essaie de le faire, même si ce n’est pas la bonne chose à faire. Comme je travaille en solo, je dois faire au mieux… rentabiliser quand même, mais aussi avoir un roulement rapide et être pas trop cher au niveau des prix.

      Disons qu’avec les experts Magento avec qui j’ai discuté… il semblait pour eux difficile de faire de l’intégration de fonctionnalités « barbare » dans le code… ce qu’on peut faire sous Prestashop à cause de sa permissivité (sans cadre stricte). Donc… comme tu le confirme, sous Magento on doit pouvoir faire aussi du discount… et du vite fait… il me semble que c’est moins répandu dans le monde du freelance. Sous Prestashop l’override du coeur est présent depuis la version 1.4 + aussi l’override des vues des différents modules. A présent sous Prestashop 1.5 & 1.6 il faut noter aussi que chaque module dispose de son propre MVC… ce qu’il manque encore c’est l’override du comportement du module (actuellement on ne peut qu’overrider les vues + css, des différents modules).

      Prestashop n’est plus aussi simple qu’à ses débuts… avec à présent environ 250 tables, ça commence déjà… et même pour le développement il faut penser assez loin, le multi-shop, la gestion du stock avancé… les produits déclinés… la complexité est aussi au rendez-vous. Pour Magento je pense qu’une maitrise de Zend est vivement recommandée… au final quand on a tout compté, avec le recul… peut-être que sous Magento c’est pas vraiment plus difficile (peut-être sur le plan technique oui).

      Je pense que c’est un débat intéressant… mais ça dépend trop d’autres choses pour juger… surtout quand on vend la solution au client. Prenons mon cas, je travaille seul comme indépendant… il faut donc vendre des shop… trouver des clients qualifiés est très difficile, le client mettra plutôt son budget sur une agence de confiance (ça se comprend)… mettre tout sûr une seule tête c’est risqué… Imaginons maintenant que je pourrai avoir des gros clients et travailler dans des conditions « mieux financées »… finalement je me trouverai uniquement avec 2-3 gros clients… pas plus et je deviendrai comme « salarié » à temps partiel pour quelques gros clients… et la création de module… les MAJ… le SAV… impossible de tout faire.

      Dans votre team je connais 1 ou 2 personnes, je sais que vous êtes des pros du code 😉 et du clean… vous avez raison d’ailleurs ! En fait je pense qu’il est difficile de comparer une petite structure comme la mienne qui essaie de s’agripper sur le marché du e-commerce…à d’autres entreprises. Il est aussi parfois plus difficile de comprendre certains discours, mais je dois faire avec les moyens du bord, les clients de proximité (la Suisse c’est aussi plus restreint)… avec ces petits clients ce n’est pas si évident… mais j’y trouve tout de même mon compte 😉 !

      Sinon j’ai lu votre blog… vous dites des choses aussi très intéressantes (structure et organisationnel), je vais d’ailleurs suivre ça de plus près !

      Merci pour ta visite et bonne continuation 😉

      1. Salut,

        Merci pour ta réponse. Je me permets de répondre à quelques points.

        Sur le modèle des extensions, rien ne t’oblige à faire du support gratuitement. Au contraire, c’est là que tu peux t’y retrouver : installation et support sont des prestations payantes qui valoriseront tes services et te permettront même de récupérer des projets au passage !

        Je connais un freelance Magento qui est plein tout le temps, qui gagne très bien sa vie parce qu’après quelques années en agence il est maintenant expert et donc très recherché. Je suis sur que la même chose est faisable avec Prestashop mais encore faut-il oser appliquer les bons prix 😉

        Il y a 3 ans j’étais encore tout seul, l’arrivée de mon associé a changé beaucoup de choses en bien. La progression est venue par ses compétences techniques pointues et les méthodes et outils qualité introduits. Donc être seul n’est pas une fatalité et ouvre plein de portes pour l’avenir. Comme tu le fais justement remarquer, les clients plus sérieux assurent souvent leurs arrières en passant par une structure plutôt qu’un freelance. Et vu quelques histoires racontées, c’est assez évident. D’où l’idée de se regrouper en collectif avec graphistes, référenceurs et autres dev pour attaquer ces clients, y as-tu songé ? Ou sinon démarcher des agences pour travailler en sous-traitance ?
        Sinon passer la certification apporte aussi de la crédibilité.

        Bref, bon courage. Ne te sous-vend pas surtout et cherche les projets qui permettront de valoriser tes savoirs pour attirer de plus gros clients. On en est au même stade de notre côté.

        1. Hello,

          Tout à fait d’accord pour le support « payant » sur les extensions, mais prendre du temps à « expliquer » au client pourquoi c’est payant… ce n’est plus de mon ressort. Sous Prestashop la mentalité qui s’en dégage bien souvent, c’est qu’un service doit être gratuit (quand le module est gratuit)… C’est pourquoi actuellement je ne prends plus de temps à faire du « free », faire du SAV dans le vide c’est inutile avec une reconnaissance proche de zéro.

          Il y’a trop de facteurs qui entrent en compte… travailler pour des clients qualifiées et qui paient bien ok… mais pour avoir un statut de « pseudo-employé » ça ne m’intéresse pas. Il n’est pas possible de travailler avec un gros volume de client dans ces conditions… il faut donc faire des choix.

          Je fais partie peut-être des gens avec une « petite » vision, mais j’aime mieux fonctionner tout seul dans mon coin, pas de comptes à rendre à qui que ce soit, avoir le choix des décisions… faire aussi parfois des choses « improbables »… Travailler à plusieurs, trouver des gens sûrs, fiables et compétents… c’est devenu difficile, pour le moment je fais le choix de fonctionner en circuit fermé.

          En ce qui concerne la certification, effectivement c’est un plus… mais il faut encore peser (les +/-)… Chez Prestashop c’est plus « commercial » que vraiment valorisant sur le plan « technique », ce qui a tendance à m’agacer… Mon flux de visibilité j’ai pris la décision de le développer autrement, toujours pour éviter d’avoir une dépendance via un tiers. Il faut dire aussi que le pôle Prestashop est basé en France, ce qui n’est pas vraiment idéal pour une entreprise suisse… le jour où Prestashop sera présent « physiquement » en Suisse, il y’aura un potentiel à être certifié.

          Merci en tout cas pour ton retour et tes précisions.

          Bonne continuation à Occitech 😉 !

  4. Prestashop pour rester poli c’est de la M….
    J’ai repris la boutique d’un pote qui vend peu. Mais comment faire quelque chose d’aussi nul, pour changer des couleurs faut aller dans le code, pour les fiches produit dans les prix c’est du fourre tout. Les Addons coute un bras, et bref en gros c’est nul de A à Z. Celui qui fait à notre époque un site avec cette solution est prêt à perdre du temps et de l’argent et ses nerf. Sérieux passer votre chemin, Shopify fait des solutions gratuites jusqu’à 50 produits vendu, après c’est 29Euro que vous récupérer largement en vous concentrant sur vos produit et votre marketing et pas sur une boutique qui bug et qui vous rendra fou à la moindre modification. Aller bye bye Presta, tu n’est pas au niveau de ce qui se fait maintenant.

    1. Bonjour,

      En fait Prestashop n’est pas parfait c’est certain, mais Shopify non plus… Si on veut quelque chose de simple et rapide à mettre en place, je pense que Shopify est intéressant… Par contre, pour développer un e-commerce dans la durée avec la perspective de poser un référencement durable… je suis moins convaincu de ces solutions CLOUD et conseille plutôt un Prestashop, Magento ou Woocommerce (mais un bagage technique reste requis).

      Le plus important, c’est que l’outil corresponde à vos besoins.

      A bientôt !

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